En 1914, le service de santé de l’armée française a compté 65 000 hommes, dont 5 400 médecins. L’administration sanitaire était partagée en deux composants : les services de l’arrière qui s’occupent des hôpitaux et des structures médicales de l’intérieur ; les services de l’avant qui dirigent le personnel affecté aux régiments, aux ambulances ainsi qu’aux hôpitaux de campagne et d’évacuation. Le blessé devait être soigné au mieux afin de limiter les séquelles de ses blessures et pour le renvoyer, si possible, rapidement au combat. Malheureusement, comme il s’agissait d’une guerre de mouvement, le transport des blessés vers l’arrière durait parfois quelques jours et le manque de soins et d’hygiène aggravait souvent les pertes en raison d’infections et de gangrènes.

Au total, 21 millions de soldats de toutes nationalités ont été soignés pendant la Première Guerre mondiale.

Rapport de gestion personnel  du 27.05.1916,

Hôpital militaire de Verdun

Un jour comme les autres, trop de blessés et pas assez de personnel. Aujourd’hui, 750 nouveaux blessés sont arrivés et 100 patients sont morts. Comme toujours de tous types, des gueules cassées, des amputations et des blessures d’obus.

Nous n’avons pas assez de place pour tout le monde. J’ai entendu que beaucoup de nouvelles méthodes de soins et d’opération sont entrées en vigueur. Elles améliorent la vie des blessés, mais aussi celle du personnel. Des transfusions sanguines sont possibles à l’aide d’anticoagulants et d’une réfrigération du sang. En Amérique, on peut reconstruire le visage des blessés avec des opérations plastiques. Mais il n’a pas seulement des blessures physiques, mais aussi psychologiques comme le syndrome d’obus. On m’a raconté que beaucoup de personnes avec ce syndrome sont exécutées avec l’accusation d’ être déserteurs. On doit construire plus de centres de psychiatrie pour guérir ces personnes. Pour moi, les infirmières sont les vraies héroïnes de la guerre. Dans l’armée canadienne, 5 000 infirmières sont volontaires, dans notre armée je ne sais pas le nombre d’infirmières dont on a besoin jusqu’à la fin de la guerre. Notre service de santé est composé de 65 000 hommes dont 5 400 sont des médecins comme moi. Je suis très content qu’un premier soin soit assuré derrière la première ligne de front avant que les blessés arrivent dans notre hôpital. Néanmoins, cette guerre de mouvement rend ce procès très difficile. Les blessés doivent utiliser des pansements qu’ils portent sur eux, et s’ils ne sont pas blessés trop grièvement, ils doivent se diriger vers un poste de secours où ils reçoivent un premier soin. On trie les blessés, les mourants décèdent sur place et les survivants sont transportés à l’hôpital le plus proche.

J’espère que cette horreur se finira bientôt, car je ne peux plus dormir. Dans mes rêves, je vois les blessures, les gueules cassées de mes patients. Je ne sais pas comment je peux vivre après la guerre après tout ce que j’ai vu et je me demande comment les blessés peuvent vivre. Combien de personnes auraient pu être sauvées s’ils n’avaient pas été oubliés dans le no  man’s land ?

Auteurs:

  • Raffaelli Mathilde
  • Thill Anna Maria
  • Van Maris Anna

Sources:

  • Verney, Jean-Pierre; Voir l’histoire: La Première Guerre mondiale, Paris, 2006 (p. 54-55)
  • Grant, R.G. : 1914-1918 L’encyclopédie de la Grande guerre, London, 2013 (EGG) (p. 186-187)